À écouter Todd Phillips, Joker: Folie à Deux marque la fin de son aventure chez DC. Deux films, un univers parallèle, et rideau. Pourtant, malgré la mort d’Arthur Fleck et les adieux répétés du réalisateur, la situation est plus nuancée qu’il n’y paraît. Entre les enjeux financiers, la structure du nouvel univers DC et les graines laissées dans le film, l’avenir de la saga est loin d’être gravé dans le marbre.
Todd Phillips insiste, il ne fera pas Joker 3
Dans ses interviews, Todd Phillips se montre catégorique. « Nous avons dit ce que nous voulions dire en deux films », explique-t-il à Variety. Même discours dans The Hollywood Reporter, où il affirme que son « temps dans l’univers DC s’arrête ici ».
Il souhaite revenir à la comédie, son terrain de jeu d’origine. Et c'est d'ailleurs pour cette raison que des rumeurs autour d'un Very Bad Trip 4 s'intensifient. Mais difficile d’ignorer le précédent : en 2019, Joker était présenté comme un film unique. Trois mois plus tard, une suite était lancée. Ironiquement, c’est cette contradiction qui rend l’affaire encore plus complexe cette fois-ci.
Un Joker à part dans le chaos du DCU
Il faut aussi rappeler que les films Joker n’ont rien à voir avec le DCU que James Gunn et Peter Safran sont en train de construire. Ils appartiennent à la bannière DC Elseworlds, qui regroupe les projets indépendants de toute continuité, comme The Batmande Matt Reeves.
Cela signifie que l’univers de Todd Phillips évolue en parallèle, sans contrainte de cohérence avec le futur Batman du DCU. Si un Joker 3 devait voir le jour, Warner ne serait limité que par deux critères : la volonté des créateurs… et le potentiel économique.
Et sur ce dernier point, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le premier Joker a rapporté 1,079 milliard de dollars pour un budget d’environ 60 millions. Une rentabilité exceptionnelle, couronnée par deux Oscars, dont celui du Meilleur acteur pour Joaquin Phoenix. Même si Folie à Deux performe moins bien, une licence qui rapporte autant n’est jamais enterrée facilement.
Le Joker n’est plus celui que l’on croyait
Autre élément essentiel : Joaquin Phoenix n’est plus seulement l’interprète d’Arthur Fleck. Il est producteur de Folie à Deux, ce qui lui donne un véritable poids créatif. Même si son personnage est mort et qu’il ne compte pas revenir devant la caméra, il peut encore influencer la direction d’un éventuel Joker 3, et potentiellement encadrer la transition vers un nouvel acteur.
Et un nouveau Joker, le film en propose justement un. Le jeune détenu d’Arkham incarné par Connor Storrie récupère littéralement l’identité, le mythe et le sourire taillé au rasoir.
Dans la foulée, Folie à Deux installe aussi une Harley Quinn encore en mutation, jouée par Lady Gaga, ainsi qu’un Harvey Dent qui bascule vers Double-Face après l’explosion au tribunal. Deux personnages prêts à être développés ailleurs, et Warner a déjà prouvé par le passé qu’elle n’hésite jamais à bâtir des spin-off autour de figures secondaires.

Joker 3 reste improbable… mais rien n’est impossible
À court terme, un troisième film semble peu probable, surtout avec un box-office timide, un réalisateur qui se retire et l’absence de Joaquin Phoenix dans le rôle principal. Mais Folie à Deux pose trop d’éléments narratifs pour que l’univers soit réellement clos. Warner peut très bien explorer un spin-off, confier Joker 3 à un autre réalisateur ou relancer la franchise dès que la situation s’y prête.
Officiellement, Joker 3 n’existe pas. Officieusement, Folie à Deux laisse suffisamment de portes ouvertes pour que Warner puisse redémarrer la machine à tout moment. Arthur Fleck n’est plus là, mais l’univers, lui, est loin d’avoir dit son dernier mot.












