Affaire Jean Pormanove : Naruto et Safine condamnés à de la prison avec sursis et six mois de «bannissement numérique»
Le procès portait sur des années de violences et d’humiliations diffusées en ligne.
Le tribunal de Nice a condamné les deux streamers Naruto et Safine dans l’affaire Jean Pormanove. Les deux hommes écopent de peines de prison avec sursis et de six mois de « bannissement numérique », après un procès très attendu autour des violences diffusées en ligne contre Raphaël Graven, connu sous le pseudonyme de Jean Pormanove.
Naruto et Safine condamnés, mais pas pour la mort de Jean Pormanove
Owen Cenazandotti, alias Naruto, et Safine Hamadi, dit Safine, étaient jugés pour violences en réunion, abus de faiblesse, diffusion d’images violentes et provocation à la haine ou à la violence. Le tribunal de Nice les a condamnés ce mercredi 5 août, quelques mois après la mort de Raphaël Graven, qui avait profondément choqué le monde du streaming.
Le procès ne portait toutefois pas directement sur le décès de Jean Pormanove. L’enquête ouverte sur les causes de sa mort avait été classée après l’autopsie, qui n’avait pas retenu l’intervention d’un tiers. À Nice, la justice s’est donc concentrée sur les années de lives, d’humiliations et de violences filmées, notamment contre Jean Pormanove et un autre homme connu sous le nom de Coudoux.
Pendant l’audience, Naruto avait tenté de minimiser les scènes diffusées en ligne. « C’est une pièce de théâtre, c’est du cinéma, le but c’est d’aller chercher des réactions », avait-il expliqué, en parlant d’une « bonne ambiance » et en regrettant que l’on réduise ces contenus à de la violence. « JP n’est jamais allé à l’hôpital », avait-il aussi avancé.
Safine, lui, avait adopté une ligne plus contrite. Il avait reconnu avoir voulu prendre ses distances, tout en expliquant la difficulté de renoncer aux revenus générés par ces lives, évoquant jusqu’à 6 000 euros par mois. À la barre, il s’était dit « pas fier » et « dégoûté ».
Les images décrites pendant l’enquête avaient pourtant installé un tout autre décor : gifles, coups, humiliations, cris dans les oreilles, jets d’eau, œufs, insultes, mises en scène répétées devant des milliers de spectateurs. Ces lives, diffusés depuis un studio près de Nice entre 2023 et 2025, rassemblaient parfois près de 20 000 personnes en direct.
La sanction de « bannissement numérique » vise à empêcher les deux streamers de revenir immédiatement sur les plateformes qui avaient nourri leur notoriété. Elle marque aussi une réponse judiciaire à une affaire devenue emblématique des dérives du streaming extrême : des contenus présentés comme du spectacle, mais jugés pénalement répréhensibles lorsqu’ils basculent dans la violence et l’exploitation de personnes vulnérables.