Highguard © Wildlight
Publié le 04/03/2026 à 18:15 par Sharon Gonçalves

Le studio de Highguard jette l'éponge et ferme définitivement le jeu

Annoncé en grande pompe aux Game Awards, le shooter Highguard disparaît déjà après seulement six semaines.

Cela finit presque par devenir une habitude : certains jeux multijoueurs pensés pour durer des années disparaissent finalement quelques semaines après leur lancement Highguard en est la dernière illustration. Annoncé en grande pompe lors des Game Awards 2025, le shooter free-to-play développé par Wildlight Entertainment va déjà fermer ses serveurs. Le studio californien a confirmé que le jeu sera définitivement arrêté le 12 mars, soit un peu plus de six semaines après sa sortie officielle, le 26 janvier.

Un lancement rapide… et une chute tout aussi brutale

Au départ, tout semblait pourtant bien engagé. Selon Wildlight, plus de deux millions de joueurs ont découvert le jeu dans les premières semaines suivant sa sortie.

Mais cet élan initial n’a pas suffi à installer Highguard dans la durée. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le studio explique que la base de joueurs n’a pas atteint un niveau suffisant pour soutenir le développement du jeu.

“Aujourd'hui, nous avons le regret de vous annoncer une nouvelle difficile. Nous avons pris la décision de fermer définitivement Highguard le 12 mars. Depuis son lancement, plus de 2 millions de joueurs ont exploré l'univers de Highguard. Vous nous avez fait part de vos commentaires, créé du contenu et beaucoup ont cru en notre projet. Nous vous en sommes profondément reconnaissants.”

Les serveurs resteront donc actifs jusqu’au 12 mars, et une dernière mise à jour doit encore être déployée. Elle ajoutera notamment un nouveau Warden, une arme inédite, un système de progression de compte ainsi que des arbres de compétences. Le studio invite d’ailleurs les joueurs à revenir pour profiter une dernière fois du jeu avant sa fermeture.

Pour les joueurs ayant investi de l’argent dans le jeu, Wildlight précise que tous les achats réalisés avec de l’argent réel — notamment les Founders Packs et la monnaie premium — seront automatiquement remboursés par les plateformes.

Un studio fondé par des vétérans d’Apex Legends

L’échec de Highguard est d’autant plus marquant que le studio derrière le projet n’était pas n’importe lequel. Wildlight Entertainment a été fondé par Chad Grenier, ancien directeur du jeu sur Apex Legends, et Mohammad Alavi, designer reconnu notamment pour la mission controversée “No Russian” de Call of Duty: Modern Warfare 2 et pour la campagne de Titanfall 2.

Autrement dit, l’équipe réunissait plusieurs figures importantes du FPS moderne. L’annonce de Highguard avait donc naturellement suscité une forte attente dans l’industrie.

Le jeu se présentait comme un extraction shooter, un genre devenu particulièrement concurrentiel ces dernières années. Mélangeant FPS, montures et mécaniques de raid, Highguard proposait à des équipes de tenter de pénétrer les bases adverses pour récupérer des ressources avant de s’extraire.

Mais le marché s’est rapidement saturé. Avec l’arrivée ou l’annonce de nombreux projets similaires — dans la lignée de Escape from Tarkov, Arc Raiders ou encore Marathon — s’imposer durablement devient de plus en plus difficile.

Des licenciements et le retrait de Tencent

Les difficultés du projet étaient apparues dès le mois de février. Un designer du jeu affirmait alors que la majorité de l’équipe avait été licenciée, information ensuite confirmée en partie par le studio, qui reconnaissait avoir réduit ses effectifs tout en conservant un noyau de développeurs.

Selon un rapport de Bloomberg, Tencent finançait discrètement Wildlight Entertainment. Mais après un soft launch jugé décevant, le groupe chinois aurait décidé de se retirer, entraînant la première vague de licenciements.

Le destin de Highguard illustre une fois de plus la volatilité du marché des jeux service. Face à des titres installés comme Fortnite, Call of Duty ou Apex Legends, les nouveaux venus doivent atteindre une masse critique de joueurs extrêmement rapidement pour survivre. Même les studios dirigés par des vétérans reconnus ne sont plus à l’abri d’un crash.

Le précédent le plus spectaculaire reste Concord, le shooter de Sony fermé seulement deux semaines après sa sortie en août 2024, malgré des investissements massifs.