Éric Peter voix kratos © Santa Monica Studios
Publié le 23/02/2026 à 13:00 par Sharon Gonçalves

Le comédien Éric Peter, voix française de Kratos, est mort à 62 ans

Figure majeure du doublage français, Éric Peter laisse derrière lui des dizaines de rôles marquants dans God of War, Dragon Ball, Borderlands ou encore Hellsing.

Il y a des comédiens dont on connaît le visage. Et puis il y a ceux dont on connaît la voix, sans toujours savoir le nom. Aujourd’hui, le monde du doublage perd l’une d’elles : Éric Peter est décédé à l’âge de 62 ans.

Pour beaucoup de joueurs, il restera à jamais la voix française de Kratos dans la première trilogie God of War ainsi que dans les deux épisodes sortis sur PSP. Mais réduire Éric Peter à Kratos serait presque injuste, tant il a été partout : dans l’animation, les séries, les films, les jeux…

Une voix “signature” dans le jeu vidéo et l’animation

Kratos, évidemment, c’est le rôle-totem. Celui qui colle immédiatement au souvenir, parce que la rage de Kratos, sa douleur, son métal dans la gorge… en français, c’était lui. Et derrière, sa filmographie jeu vidéo donne une idée du terrain couvert : Brick dans Borderlands (et Borderlands 2, The Pre-Sequel, Borderlands 3), Volibear dans League of Legends, Kano dans Mortal Kombat X et Mortal Kombat 11, Takeo Masaki dans plusieurs Call of Duty: Black Ops, sans oublier des passages sur Metro 2033 (Bourbon), Hitman: Absolution, Rainbow Six: Siege (Zero) ou encore Star Wars Outlaws (Jet Kordo).

Côté animation, c’est la même logique : une présence constante, souvent sur des rôles marquants. Il a été Alucard dans la première adaptation de Hellsing, Adam Smasher dans Cyberpunk: Edgerunners, Skeletor dans Les Maîtres de l’Univers : Révélation, Mister Freeze dans plusieurs projets DC, Krang (et les Kraangs) chez Les Tortues Ninja, Aokiji dans One Piece (sur une longue période), Nappa dans Dragon Ball (notamment Kai et Super: Broly), et même Optimus Prime dans Transformers (avec d’autres rôles sur la série).

On parle d’une voix capable d’être massive, glaciale, inquiétante, mais aussi étonnamment précise quand il fallait jouer la nuance.

Et puis il y a ce qu’on oublie souvent : le doublage “de l’ombre”, les voix additionnelles, les personnages secondaires, ceux qui font tenir un épisode, un film, une scène. Éric Peter a doublé énormément de productions cinéma et télé, parfois sur des personnages récurrents dans des séries, parfois sur des rôles uniques.

Un comédien, pas seulement une voix

Parce que oui, Éric Peter ne faisait pas “que” du doublage. Sa filmographie à l’écran existe bel et bien : L’État de grâce (1986), Milena (1990), Chaudemanche père et fils (1996), Les Parisiens (2004), Nos amis les Terriens (2006), Essuie tes larmes (2007), Taule Froissée (2014), Joseph (2019)… et même une apparition dans Scènes de ménages en 2016.

Et il y a un autre pan encore plus méconnu, mais important : la direction artistique. Éric Peter en a assuré sur de nombreux projets (films, séries, animation). C’est ce boulot-là qui ne se voit pas, qui ne se “clippe” pas sur les réseaux, mais qui façonne directement la qualité d’un doublage : casting des voix, cohérence des intentions, ton général, rythme des échanges.